De l’insurrection lente, ou la réappropriation de nos conditions d’existence

Cela fait bien longtemps que l’on se joue de nous, ils s’amusent à nous contraindre, à nous former pour que l’on sied à la fonction qu’ils nous ont destiné.

Ce n’est pas nouveau, nous avons une fonction prédéterminée, comme l’animal en batterie dont la sensibilité est un obstacle à la productivité, notre désir de vivre comme nous le voudrions est un obstacle accablant à leur modèle productiviste.

Refusons d’être la variable d’ajustement de leur mode de fonctionnement, refusons d’être leur double bénéfice à notre insu.

Production et consommation doivent cesser.

Ceux qui nous enferment, qui nous asservissent, doivent périr.

Non pas physiquement, mais par l’incapacité à se reproduire et se substanter comme ils l’ont toujours fait.

Car aujourd’hui se révolter, s’insurger, servira seulement à parfaire leur système d’incarcération, leur système judiciaire et politique. Notre lutte est réutilisée à notre insu comme arme passive d’asservissement des masses silencieuses, qui les renforcent dans leur comportement d’esclave.

Ils ne se reconnaissent pas dans ce combat.

Il est temps de se battre, non pas physiquement, non pas politiquement, mais en ignorant ceux qui nous contraignent.

N’appelons pas à prendre les armes, dépossédons les des leurs, dés-instrumentalisons nous.

Commençons une nouvelle bataille, sans autre arme que l’action directe vitale, c’est-à-dire par le fait de vivre à notre manière sans demander de compte à leur système de normes et de croyances.

Il est temps de faire de notre mode de vie l’arme de notre combat, de bâtir ou rénover là ou il ne sont plus, prenons ce qu’ils ont déserté par dédain, prenons le maquis des campagnes, des villages, des bourgs et des hameaux pour y vivre.

Imposons nous non pas par la force des armes ou des combats politiques.

Vivons sans eux.

Ne plus prendre le pouvoir, car tenter de le prendre c’est jouer son jeu.

Ne lui demandons plus rien, organisons nous.

Prenons les villages en les investissant, habitons-les, échangeons pour survivre.

Vivons sans demander à leur autorité, sans s’en excuser. Et par notre fonctionnement parallèle mettons-le en désuétude.

Il ne veut pas de nous, nous non plus.

Maillons le monde de communes en interrelations, à l’image des zapatistes.

Organisons nous sans leur pouvoir, par affinité, par désir et par vitalité.

Qui arrêtera celui qui troque ses salades contre le pain, quel arbitre sanctionnera celui qui ne joue pas le jeu qu’il règle ?

Mais comment, me direz-vous ?

Squattons les campagnes désertées, les villages où la jeunesse n’existe plus, prenons les maisons vides depuis trop longtemps.

Que chacun agisse comme bon lui semble, que chacun crée ce qu’il aime créer.

Qui peut nous taxer lorsque qu’il n’y a plus de transaction financière ?

Faisons de l’échange, de la distribution et du partage notre mode de subsistance.

J’admets la période de transition, j’admets qu’il sera dur de se passer d’un coup de leur système. Alors utilisons-le pour notre transition, servons nous des miettes que l’ont nous laisse pour faire notre levain.

Je veux dire par là que pour l’instant il est difficile de se passer de leur système financier, mais que l’on peut profiter de leur RSA, de leur « chômage » pour se lancer, car il nous faudra dans un premier temps, la matière première nécessaire à la construction d’autre chose.

De quoi rêvons-nous concrètement ?

De l’investissement de villages désertés, par les humains motivés de vivre autre chose, nous sommes aujourd’hui nombreux, mais encore trop esseulés, encore en manque de perspectives concrètes pour pouvoir agir.

Alors je vous appelle, vous qui ne voulez plus des choix contraints par la nécessité, à investir ces lieux, à y vivre comme bon vous semble et à vous organiser avec vos relations pour ne plus subir.

Travaillons la terre, travaillons la matière nécessaire à notre survie, montrons à toute la dépression du siècle que la résilience est possible, comme le dirait Werber, démodons le système, construisons à coté.

Pas à pas nous enflerons, nous serons plus nombreux, les divers modes d’organisation évolueront, la connaissance de notre force se fera entendre, les exclus d’aujourd’hui seront les pionniers de demain.

Et à ce moment, le pouvoir institutionnel qui nous contraignait sera contraint de faire avec nous.

Un village investit par notre vitalité se verra dans l’obligation de répondre à la démocratie directe de l’AG, le supermarché vivant hier de la mort de l’épicerie et du troc, fermera ses portes faute de main d’œuvre et de consommateur.

Initions notre propre mode de vie, ne répondons plus en réaction, vivons par l’action directe de vie.

L’homme est créateur de ses conditions d’existence, ne relayons plus celles-ci à l’abstraction d’une machinerie étatique.

Et si c’était ça le grand soir ?

Et si c’était la fête populaire sur le parking du dernier supermarché, de la dernière usine, du dernier Mc Do à fermer ses portes faute de clientèle ou de mains d’œuvre à exploiter. Plutôt que la joie, certes jouissive de la destruction du pouvoir asservissant, par les flammes ?

Si notre révolution est silencieuse, si notre révolution est lente, si notre révolution sait s’immiscer lentement dans les classes délaissées, trahies et asservies sans se faire repérer par sa non conventionnalité, elle saura vaincre par l’amour de notre bien être leur société gérée pour le leur.

Par diffusion, par relation, et par la création l’anarchie se répandra.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s